Economie, Europe, International

L’Europe reprend son souffle (1/2) : un pas vers la croissance et le fédéralisme ?

Publié le 04 juillet 2012 à 12:50 - 0 commentaire

par Henri SPITEZKI

 

 

(Une série de deux articles).

 

 

L’accord surprise des dirigeants de la zone euro, vendredi, à Bruxelles, après une nuit de discussions parfois tendues, a soulagé l’Italie et l’Espagne, et amené l’espoir d’une accalmie à la crise de l’euro. Les nombreuses décisions qui ont été prises sont-elles de nature à enrayer la crise européenne ? Seul l’avenir le dira, mais il ne fait pas de doute qu’une étape vient d’être franchie.

 

 

Au terme d’une négociation marathon, vendredi matin, 29 juin, le Président de l’UE Herman Van Rompuy, a pu faire connaître au monde les résultats substantiels du dernier sommet européen de Bruxelles. Un sommet qu’il a  qualifié de « difficile » mais « fructueux ».

Il a salué une « réelle avancée » pour calmer les marchés financiers et réformer la zone euro en vue de tenter de sauver la monnaie unique.

Les décisions qui résultent de cette réunion couvrent, il est vrai, un large éventail politique, économique, financier et monétaire.

Sur le long terme, Monsieur Van Rompuy a annoncé – et c’est un point important – qu’il avait reçu un feu vert sur la feuille de route destinée à renforcer l’union économique et monétaire. Les piliers de ce raffermissement sont au nombre de quatre :

  • financier avec une union bancaire,
  • budgétaire, sur la base d’un contrôle des budgets nationaux,
  • économique et politique grâce à une consolidation du contrôle démocratique.

Comme d’habitude, les choses n’évolueront vraisemblablement pas si rapidement dans ces domaines complexes. Mais, au moins, les principes sont fixés : l’Europe est maintenue sur l’axe d’une marche en avant, vers une solution de nature fédérale.

 

Le Brevet unique européen, un pas important, mais insuffisant

Après trente ans de négociations entre les pays membres, l’adoption d’un Brevet unique européen a enfin été annoncée lors du sommet. Si, jusqu’alors, chacun était d’accord sur le principe, il n’en allait pas de même pour les modalités. Michel Barnier, Commissaire européen en charge du marché intérieur a salué cette décision, présentée comme « une avancée considérable pour la compétitivité des entreprises. Il va réduire très fortement les coûts de protection ».

Il reste, cependant, beaucoup de travail à effectuer avant de déboucher sur la véritable « fédéralisation » souhaitée par les professionnels. Celle-ci renforcera la politique de protection et de dynamisation de l’innovation.

Un autre volet majeur du sommet repose sur les actions en faveur de la croissance.

 

Le pacte de croissance 

Le Président français, François Hollande, s’est réjoui, pour sa part, des « effets heureux » que l’on peut attendre du train de mesures décidées dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a tout lieu d’être satisfait de l’accord de principe donné par ses partenaires européens au « pacte de croissance », qu’il a défendu si ardemment.

Ce « pacte pour la croissance et l’emploi », consistera à injecter 120 milliards d’euros dans des projets d’avenir (soit 1 % du PIB de l’Union Européenne). Ce qui est un bon début, si l’on se remémore l’omniprésence du culte de l’austérité dans les sommets précédents. Mais ce qui ne sera pas suffisant pour permettre à l’Europe de redresser durablement la barre.

Car les faits sont là : la situation du continent demeure extrêmement préoccupante, ce  qui ne le met pas à l’abri des mauvaises nouvelles. La réalité n’a d’ailleurs guère tardé à nous ramener sur terre. Dès lundi, l’Office européen de statistiques, Eurostat, a annoncé que le taux de chômage dans la zone euro avait atteint en mai un nouveau record, à 11,1% de la population active, contre 11,0% en avril. Triste record en vérité !

 

Regardons, néanmoins, le côté positif des choses : les décisions de vendredi vont apporter un nouveau souffle d’air à l’espace économique et financier européen. À la manière de ces enfants à qui il arrive de grandir lors d’une poussée de fièvre, l’Europe – une fois de plus – n’a réussi à se renforcer que sous la pression des convulsions déchaînées par la crise. L’histoire de sa marche hésitante vers l’unité se présente souvent sous le visage de ces compromis de dernière minute, fleurissant sur un lit de crise, alors même que l’on croyait tout perdu.

 

A paraître  →  L’Europe reprend son souffle (2) :  Des progrès tangibles sur la consolidation financière.

 

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Henri Spitezki est économiste. Docteur en Sciences de gestion et titulaire d’un D.E.S.S. de Sciences économiques. Il a enseigné à l’Université Paris-Dauphine et intervient en tant que conseiller auprès de grandes entreprises et de la Commission Européenne. Son dernier livre traite de la crise : « L’économie du chaos, chronique d’une faillite annoncée », éditions Unicomm, juillet 2011.

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