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Lilianne Bettencourt a pris Stéphane Courbit pour un chanteur de variétés ( Info BFMTV)

Publié le 13 octobre 2013 à 08:34 - 1 commentaire

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Stéphane Courbit a été renvoyé devant le tribunal correctionnel dans l’affaire Bettencourt pour « abus de faiblesse », et risque donc jusqu’à 3 ans de prison et 375.000 euros d’amende.

Les juges contestent les conditions dans lesquelles Liliane Bettencourt a investi 143,7 millions d’euros pour prendre 20% du groupe de Stéphane Courbit, Lov Group Industrie, qui est actif dans l’électricité (Direct Energie), les jeux en ligne (Betclic) et l’audiovisuel (Banijay et Euro Media).

L’ordonnance de renvoi que c’est procurée la chaine apporte des précisions sur l’état de la milliardaire et sur les conditions de cet investissement.

 

 Stéphane Courbit chanteur de variétés?

 

Liliane Bettencourt, avant d’investir chez Stéphane Courbit, ne l’a rencontré qu’une fois, le 15 décembre 2010 précise BFMTV. Le rendez-vous a duré une demi-heure. L’homme d’affaires expliquera lors de l’enquête qu’il « a préféré se présenter avec des BD, des disques et des livres, pour lui montrer ce qu’il faisait ».

Résultat: l’octogénaire le prend… pour un chanteur, comme le lui explique quelques heures plus tard Pascal Wilhelm, avocat de la milliardaire, dans un email: « Mme Bettencourt aurait bien aimé avoir une bande de tes dernières chansons, mais je lui ai dit que tu étais parti justement enregistrer… ».

Selon les juges, « l’entretien n’a porté que sur des mondanités et civilités, alors que Pascal Wilhelm, sachant que Liliane Bettencourt était en état de faiblesse, et Stéphane Courbit auraient dû diriger la discussion sur les éléments de la transaction, afin que Liliane Bettencourt comprenne bien ses enjeux financiers. Ils se sont contentés de la maintenir, en dehors de cette transaction ». Les juges accusent: « Stéphane Courbit a placé très bas le curseur du niveau de compréhension de Liliane Bettencourt, et très haut celui de son comportement délictueux. »

Lors des interrogatoires, Stéphane Courbit a répondu que ce genre de « visite de courtoisie » n’est pas destiné à rentrer dans les détails d’un investissement, détails qui sont réglés « habituellement entre banquiers et avocats ».

Deux jours après, l’investissement est entériné via la signature d’un protocole d’accord. Mais le même jour, un des médecins de Liliane Bettencourt, le docteur de Jaeger, rédige un certificat médical estimant qu’elle est dans « l’impossibilité de gérer seule ses affaires ». Après cela, un mandat de protection est mis en œuvre un mois plus tard, et confié à Pascal Wilhelm. « Pascal Wilhelm aurait dû au moins attendre d’avoir le certificat du Dr de Jaeger avant de signer avec Stéphane Courbit », estiment les juges.

Pour les juges, Pascal Wilhelm était « en conflit d’intérêt manifeste ». En effet, il était « l’ami de Stéphane Courbit et son avocat privilégié », notamment dans un procès contre Endemol, mais aussi depuis 2008 pour une de ses sociétés, Betclic.

Lorsqu’il a fallu choisir un banquier pour conseiller Liliane Bettencourt dans cet investissement, Pascal Wilhelm « a décidé de faire appel à Jean-Marie Messier », qui rédigera donc un rapport d’évaluation de LG Industrie. Or Pascal Wilhelm était l’avocat de J2M à titre personnel depuis 2009, et celui de sa banque d’affaires depuis 2006.

Selon les juges, « il existait des liens de sympathie, pour ne pas dire d’amitié anciens, entre Stéphane Courbit et Jean-Marie Messier ». J2M conseillera notamment une de ses sociétés, Banijay, au printemps 2011.

L’ordonnance de renvoi révèle que Stéphane Courbit avait déjà tenté, en mai 2010, une première approche des Bettencourt. Leur fortune était alors gérée par Patrice de Maistre. Un rendez-vous est alors organisé entre les deux hommes par Pascal Wilhelm. Mais Patrice de Maistre répond quelques jours après ne pas être intéressé, car un tel investissement « n’entre pas dans la stratégie du family office » des Bettencourt.

A l’automne 2010, Patrice de Maistre est remercié au profit de Pascal Wilhelm. Ce dernier accepte donc l’investissement « précédemment refusé par Patrice de Maistre » – qui plus est, dans « des domaines assurément étrangers au domaine habituel des investissements » des Bettencourt, pointent les juges.

 

Enfin, l’ordonnance de renvoi révèle que Liliane Bettencourt ne devait initialement investir que 75 millions d’euros – c’est ce que prévoyait l’accord initial de décembre 2010. Charge à Stéphane Courbit de trouver ailleurs 75 autres millions.

 

 

 

 

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