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Le livre sur les Strauss-Kahn en tête des ventes

Publié le 16 juin 2012 à 13:46 - 1 commentaire

« C’est l’aventure moderne d’un homme porté par une puissante agence de communication, persuadée qu’on peut tout bâtir avec des images, et qui s’appliqua chaque fois à colmater soigneusement les fissures dans le mur de sa réputation. »  C’est par ces mots que Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au Monde, présentent elles-mêmes « le » livre qui s’arrache en librairie, Les Strauss-Kahn aux éditions Albin Michel.

 

La vie dissolue de DSK connue de tous

Celui qui semblait promis à l’Elysée se comportait en dilettante dans la sphère publique et cumulait les imprudences dans la sphère privée. Au point que l’un de ses plus proches lieutenants, Jean-Christophe Cambadélis, s’était un jour agacé. « Si tu n’es pas prêt à t’engager vraiment, autant arrêter tout de suite les frais ! »

A la mairie de Sarcelles, où il est élu en 1995, il exploite la célébrité de son épouse et en son absence, il drague ouvertement les femmes. «Tu vois celle-là? Je tape deux coups sur la table et elle écarte les jambes en dessous», chuchote-t-il à l’oreille de ses voisins, lors des séances. Il continue de jouer le même double jeu après 1997 et sa nomination comme ministre des Finances. Comme à Sarcelles, Anne est de toutes les représentations officielles, où elle crée chaque fois l’événement. Le reste du temps, le ministre drague lourdement, s’éclipse tous les soirs entre 17 h et 20 h, et classe ses conquêtes en trois catégories: en cours, en stock, archivées.

Les mises en garde

Martine Aubry l’avait incité à faire gaffe, écrivent les auteurs. « Tu fais attention avec les filles ? Tu as arrêté ? DSK balaie la question en deux secondes : « Mais évidemment ! Tu penses ! Je ne suis pas dingue ! Il est si catégorique que la première secrétaire du Parti socialiste se dit qu’elle n’a pas de raisons de douter. » Celle qui avait noué avec DSK un pacte de non-agression, n’aurait pas été seulement gênée par ce travers de DSK. Le luxe ostentatoire de son riad de Marrakech l’avait aussi indisposée. « Dominique, vous êtes riches. Vous avez le droit, c’est de l’argent légitimement gagné par la famille d’Anne. Mais quand on est riche, il faut être généreux. Il faut que vous créiez une fondation ». Un conseil que DSK n’a jamais suivi…

 

L’une des rares mises en garde vient de Sarkozy lui-même, qui convoque en 2007 celui qui s’apprête à partir prendre la tête du FMI.

L’ouvrage révèle que Nicolas Sarkozy et DSK, étaient très proches. Ainsi, le couple Sarkozy et le couple Strauss-Kahn se lançaient des invitations régulièrement et fréquentaient un même cercle d’amis parmi lesquels on retrouve Jacques Attali, François Pinault ou encore Bernard-Henri Lévy.

Sarkozy sait depuis longtemps, que l’ex-patron du FMI est un séducteur et un libertin. Il connaissait très bien les rendez-vous dans les clubs échangistes de DSK. Et aurait également éclaté d’un rire «à gorge déployée» en apprenant que Strauss-Kahn avait été découvert par la police en pleine action et à plusieurs dans une voiture fermée au Bois de Boulogne…

« Dominique, toi et moi, on ne nous aime pas. On est pareils… On est des métèques, on aime le fric et les femmes », flatte le chef de l’Etat, complice. « Les métèques et le fric, aux Etats-Unis, ce n’est pas un problème. Mais les femmes, ce n’est pas pareil. Je te préviens : fais attention avec les femmes. Tu connais les Américains, ils ne plaisantent pas ». Sur le pas de la porte, il insiste une dernière fois. « N’oublie pas ce que je t’ai dit, hein Dominique. N’oublie pas. »

 

Son destin de présidentiable

A compter de 2008, il ne cessera d’apparaître comme un présidentiable sérieux, presque comme le sauveur de la gauche. Sinclair elle-même y croira, jusqu’au bout: «Tu te rends compte, je vais devenir première dame», glisse-t-elle un jour à son ex-époux Ivan Levaï. Un rêve qui se brise en mai 2011, avec l’affaire du Sofitel.

Les liens entre François Hollande et celui qui aurait pu être son rival pour l’Elysée et que François Mitterrand décrivait déjà autrefois comme un « jouisseur sans destin » sont tendus. DSK ne vouait que mépris envers celui qui se flattait d’être un « candidat normal « : « S’il m’emmerde, celui-là, je l’écrase ! » Une détestation réciproque.

On apprend ainsi que François Hollande est le seul dirigeant socialiste qui n’a ni téléphoné ni écrit à DSK ou Anne Sinclair après l’affaire du Sofitel.

Depuis, les Strauss-Kahn subissent les travers trop longtemps cachés de l’ex-président du FMI.

CB

 

Réactions

1 commentaries

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